Un livre de poche qui ne me quitte pas : " La photographie " de Edouard Boubat, je m'y replonge régulièrement. Dans son introduction, Boubat dit :

" je rencontre les personnages les plus fabuleux et les plus méconnus. je vois des choses étonnantes ou rares et le plus souvent, comme par prédilection , la simple banalité. La banalité, c'est la vie même : un rayon de soleil sur une fenêtre, la pluie sur un étang, la pénombre dans une chambre, le rire dans les yeux. Certes, l'extraordinaire nous attire un instant. Mais la simplicité toujours présente est changeante, nous retiens plus longtemps parce que c'est en elle seule que réside l'essentiel. Encore faut-il savoir en reconnaître la saveur, car elle est moins évidente et échappe à la plupart. On me demande souvent : " Où avez-vous pris cette photo ? ", et je suis obligé de répondre : " Dans votre jardin, dans votre rue. " On ajoute : " Vous devez avoir un bon appareil ? ", et j'ose à peine avouer : " Le même que vous. "

Je suis confondu par mon impuissance à dire comment je m'y prends. Au vrai, je n'ai rien à faire qu'à appuyer sur le bouton. La photo, ce n'est que ça, "rien que ça". Mais ce " rien que ça " exige la rencontre des éléments, des personnages et du photographe. Et cette rencontre sera fixée par un déclenchement. Pas de travail qui " à priori ", exige moins de son auteur ; il semble que l'appareil seul exécute ; et cependant le même appareil en face du même sujet donnera autant de photographies différentes qu'il y aura de photographes. "